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BASKET-BALL PAU, SAISON 2009-2010. L'Elan, qui cherche un coach rompu aux combats de la Pro B, n'a pas reconduit Laurent Mopsus dans ses fonctions d'entraîneur. Côté joueurs, Rimac prolonge et les jeunes s'en vont, ainsi font fon fon....
Le silence assourdissant qui durait depuis le 13 mai, date du dernier match de l'Elan en Pro A, a été rompu. Par un communiqué laconique, le club a annoncé, samedi, qu'il avait été décidé « de ne pas reconduire Laurent Mopsus dans sa fonction d'entraîneur ».
Si le verdict a été long à tomber, c'est sans doute parce que la décision ne faisait pas l'unanimité au sommet du club. « C'est un choix que nous avons mûri depuis 15 jours avec Didier Gadou, après avoir eu de longs entretiens avec Laurent », commentait hier Claude Bergeaud.
Après qu'il eut sauvé l'Elan de la relégation en 2008 et failli rétablir une situation désespérée cette année, Laurent Mopsus aurait mérité, pour beaucoup, d'avoir sa chance dans des conditions meilleures. « Peut-être... C'est possible, répond Bergeaud, mais nous avons décidé de suivre une autre voie, de passer à autre chose ».
Un coach de Pro B
Laurent Mopsus out, Paul Henderson licencié, Denis Mettay sur le départ, Paco Laulhé pas encore fixé sur son avenir, c'est plus de la moitié du staff technique qui s'en va. « Il n'y aura plus que trois coaches au lieu de cinq, confirme le directeur général de l'Elan. La baisse de notre budget nous oblige à réduire nos effectifs. Nous étions, cette saison encore, sur un fonctionnement qui avait été mis en place lorsque le club était en Euroligue ».
Thierry Trouillet, qui conduira la future union avec Pau Nord-Est (lire ci-dessous), formera l'une des pointes du nouveau trio d'entraîneurs. Qui sera au sommet du triangle ? « Un coach qui a connu la Pro B, révèle Bergeaud. C'est une division tellement particulière, tellement différente en terme de jeu et de standing que c'est un critère essentiel. Au club, nous n'avons aucun savoir-faire au niveau de la Pro B ».
Au stade « de la prospection et des discussions », Bergeaud estime pouvoir annoncer le nom du nouveau coach d'ici « huit à dix jours ». Son expérience et son expertise de la Pro B seront utilisées pour former l'effectif. « La singularité de la Pro B, c'est que de très bons joueurs dans cette division ne feront pas de bons joueurs en Pro A et inversement. Il va falloir se réhabituer à quelque chose de totalement différent », prévient Bergeaud.
Avant ce saut dans l'inconnu, le choix de Slaven Rimac de rester sonne comme une bonne nouvelle. « Il est tombé amoureux de Pau et de l'aficion basket qui existe ici, se réjouit Bergeaud. C'est un rassembleur, un joueur qui, lorsqu'il prend la parole, envoie des messages forts ». Mais pour l'heure, on ne connaît toujours pas l'identité de ceux qui les écouteront à la rentrée prochaine.
Quel entraîneur ? Quels joueurs ? Si le profil de la prochaine équipe est déjà défini (huit pros et quatre espoirs (1)), le chantier pour construire l'Elan version Pro B est encore en friche. Excepté le prolongement de Slaven Rimac et la signature prochaine du premier contrat pro de Lamine Sambe, rien de concret. « Le marché est fou en ce moment et nous, nous prônons la sagesse », explique Bergeaud.
Quelques certitudes cependant, concernant le rayon départs : Thomas Heurtel a fait jouer sa clause de sortie, Ludovic Vaty et Nando Raposo ont rejoint le camp de Trévise, prélude à la draft NBA, et Antoine Mendy a demandé un bon de sortie qui ne lui sera pas refusé.
Ces quatre-là ne porteront pas le maillot palois à la rentrée. Bergeaud pose cependant un préalable au départ des trois premiers : le paiement d'une indemnité de formation, fixée à 150 000 euros. « Qui, en France, peut aujourd'hui payer cette somme à part l'ASVEL ? », interroge le directeur général de l'Elan. Le nom d'Heurtel, justement est chuchoté du côté de l'Astroballe... Mais le meneur a également des touches en Espagne. Pour Raposo et Vaty, si les rêves de NBA ne se concrétisent pas, les pistes étrangères sont également privilégiées.
Qui reste-t-il ? Frédéric Moncade... pas sûr , lui non plus,de poursuivre l'aventure en vert. Le meneur avait émis sa volonté d'accompagner le club en Pro B, l'Elan celle de le conserver, mais rien n'est acquis. « Il a encore un an de contrat chez nous, mais il a reçu des offres », avance Bergeaud. S'il veut conserver Moncade, le directeur général devra vraisemblablement lui proposer une prolongation.
Digbeu réserve sa réponse
Qui d'autre ? Alain Digbeu, qui a réservé sa réponse. Une façon polie de faire comprendre qu'il espère mieux que la Pro B ? « Pas du tout, répond Bergeaud. On aurait compris qu'Alain nous dise non de suite car il peut prétendre à la Pro A ou à un retour en Espagne, mais il s'est montré très ouvert à la discussion. On a été surpris. Alain a trouvé un environnement qui lui plaît et il pense aussi à sa reconversion ». Un Elan avec le duo Rimac-Digbeu sur les ailes aurait de l'allure....
Reste le cas Souarata Cissé. L'ailier, au moment de son départ de Pau en 2006, avait conservé une clause dans son contrat prévoyant une troisième année à 150 000 euros, à valoir avant 2010. Elle arrive à échéance. Cissé et ses conseils entendent donc honorer ce contrat... ou forcer l'Elan à négocier à leur avantage. Le club, dans ce dossier, n'est pas en position de force. Les tentatives de conciliation n'ont, à ce jour, rien donné. « On est au point mort, on ne sait pas où on va », avoue Bergeaud, soucieux de ne pas grever par un salaire disproportionné pour la Pro B (la rémunération moyenne y est de 42 000 euros par an) une masse salariale déjà fortement réduite.
(1) Le championnat espoirs n'existant plus en Pro B, l'Elan souhaite créer une passerelle avec l'US Pau Nord-Est pour permettre à ses meilleurs jeunes (Morency, Var, Buval, Ramassamy, les cousins Lesca, Pamba) de s'aguerrir en Nationale 3 tout en ayant la possibilité de compléter, pour certains, l'effectif pro.
Article de Sud-Ouest
Auteur : Marc duthu
m.duthu@sudouest.com